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01 · Partir du projet de retraite · Investir en bourse pour préparer sa retraite — Construire une stratégie long terme, comprendre les ETF, maîtriser le risque et piloter son portefeuille
Camille a 50 ans. Son projet fictif consiste à commencer des retraits à 65 ans, soit dans quinze ans. Camille imagine pouvoir mettre 400 € de côté chaque mois et voudrait disposer d’un complément de ressources pendant la retraite. Ces âges décrivent le cas ; ils ne donnent aucune règle sur l’âge légal de départ. À ce stade, ni les futures pensions, ni les dépenses, ni la réserve disponible ne sont documentées. « Quel ETF choisir ? » laisserait donc plusieurs questions sans réponse.
Un ETF, ou fonds négocié en bourse, est un fonds dont on achète une part, généralement pour suivre un indice ou une stratégie. Un indice est un repère qui rassemble et suit un ensemble de titres selon des règles. Posséder une part ne garantit pas de récupérer sa mise. Nous examinerons les ETF en détail plus tard. Pour l’instant, cherchez ce que Camille attend de son argent, avant de comparer les caractéristiques d’un produit.
La bourse peut contribuer à financer un projet de retraite à long terme, parmi d’autres ressources. Les pensions estimées, les revenus éventuels et l’épargne déjà disponible font partie de l’analyse. Un placement ne remplace pas cet inventaire. Le capital désigne ici une somme accumulée ; le complément de ressources désigne un montant à utiliser au fil du temps. Ce sont deux informations différentes. Un capital de 50 000 € ne dit pas, à lui seul, combien on peut retirer chaque mois ni pendant combien d’années.
Supposons, uniquement pour apprendre, que Camille envisage des dépenses de 2 200 € mensuels et estime ses autres ressources à 1 900 € mensuels, tous deux exprimés en euros d’aujourd’hui. Le complément recherché serait 2 200 − 1 900 = 300 € par mois. Sur douze mois, cela représente 3 600 €. Il faudrait ensuite examiner la durée de ces besoins, les évolutions de dépenses, l’inflation et les ressources effectivement disponibles. Multiplier 300 € par quelques années n’établit pas un capital suffisant à vie.
Écrire « ressources estimées » évite de traiter une information incomplète comme certaine. Si Camille n’a pas encore d’estimation de pension, la fiche doit conserver cette absence. La remplacer par le rendement espéré d’un placement rendrait le calcul moins fiable. La première action sera de documenter les ressources et les dépenses, puis de préciser ce qui demeure incertain.
L’horizon est le temps jusqu’au moment où une somme devient nécessaire. Quinze ans avant un premier retrait ne signifie pas que chaque euro devra être dépensé à cette date. Une réparation dans deux ans a un autre horizon ; une dépense prévue dix ans après le départ en a encore un autre. Cette distinction prépare les décisions futures sans fixer aujourd’hui une répartition du portefeuille.
| Situation hypothétique | Versements cumulés | Capital calculé |
|---|---|---|
| 400 €/mois, 10 ans, taux net annuel constant 0 % | 48 000 € | 48 000 € |
| 400 €/mois, 15 ans, taux net annuel constant 0 % | 72 000 € | 72 000 € |
| 300 €/mois, 15 ans, taux net annuel constant 0 % | 54 000 € | 54 000 € |
| 400 €/mois, 15 ans, taux net annuel constant −2 % | 72 000 € | 62 166 € |
| 400 €/mois, 15 ans, taux net annuel constant +3 % | 72 000 € | 90 496 € |
| 400 €/mois, 15 ans, taux net annuel constant +4,8 % | 72 000 € | 104 257 € |
À taux nul, le calcul complet est simple : 400 € × 12 mois × 15 ans = 72 000 €. Il s’agit uniquement de versements cumulés. Avec 300 € mensuels, le même calcul donne 54 000 €. L’écart de 18 000 € provient de l’effort d’épargne, sans supposer aucun gain. Dix ans à 400 € représentent 48 000 € : cinq années de versements supplémentaires ajoutent 24 000 € dans cette expérience.
Pour les lignes à taux non nul, la convention est un taux mensuel équivalent i = (1 + r)^(1/12) − 1, où r est le taux annuel net écrit en décimal : 3 % devient 0,03. Le capital calculé est V × ((1 + i)^n − 1) / i, avec V en euros par mois et n en mois. Ici V = 400 et n = 180. On conserve les décimales pendant le calcul et on arrondit seulement le capital final à l’euro. Vous n’avez pas besoin de refaire cette formule maintenant ; le prochain module l’expliquera pas à pas.
Les deux dernières lignes permettent aussi une première lecture des frais. Dans une simplification volontaire, un taux brut constant de 5 % diminué mécaniquement de 0,2 point de frais donne 4,8 %, tandis qu’une diminution de 2 points donne 3 %. Les montants obtenus illustrent l’effet d’un écart de taux net. Ce modèle par soustraction ne décrit pas tous les modes réels de prélèvement et ne comprend pas les frais de transaction. Il ne prédit ni 5 % brut ni un résultat net.
Le scénario négatif rappelle qu’épargner régulièrement n’assure pas de retrouver les versements. Les marchés réels ne suivent aucune de ces lignes constantes : ils peuvent baisser fortement et rester dégradés pendant une durée inconnue. Un résultat positif historique ne constitue pas un taux futur disponible à la demande. Chercher le meilleur rendement passé ne renseigne ni le budget de Camille ni la somme qu’il sera possible de perdre.
€
| Repère | Valeur hypothétique (€) |
|---|---|
| Avant le choc |
Décrire le complément de ressources recherché et les autres revenus estimés ; distinguer euros d’aujourd’hui et montants futurs.
Noter les premières dates de dépenses et les besoins ultérieurs : chaque somme peut avoir son horizon.
Identifier l’argent qui doit rester disponible pour les imprévus, séparément des dépenses proches déjà prévues.
Camille vous demande quelle action entreprendre d’abord. Choisissez parmi : A, classer les ETF selon leur rendement de l’année passée ; B, réunir les estimations de ressources, les échéances et le budget puis examiner la réserve ; C, emprunter pour augmenter immédiatement le versement. Écrivez une raison liée à une information manquante, avant d’ouvrir la correction. Il ne s’agit pas de sélectionner un ETF ni de décider de votre propre patrimoine.
Faites aussi un contrôle rapide : une autre personne prévoit 250 € par mois pendant huit ans, capital initial nul et taux net nul. Calculez les versements cumulés puis ce qu’il resterait après un choc fictif de −20 % sur le capital obtenu. Indiquez l’unité, la durée en mois et la raison pour laquelle ce test n’annonce aucun résultat futur.
Pour préparer la suite, conservez les cinq questions sur une feuille. Vous pouvez travailler uniquement avec Camille : aucune donnée privée n’est nécessaire. Si vous utilisez vos chiffres, gardez-les chez vous. Écrire « à estimer » est une réponse utile lorsque l’information manque ; cela indique la prochaine recherche à faire. En revanche, écrire seulement « gagner davantage » ne permet pas encore de situer un besoin, une date ou une marge financière.
La démarche B répond aux informations manquantes. Le classement A compare une performance passée, sans documenter les besoins ni le risque acceptable. C ajoute une dette et une obligation de remboursement alors que le budget n’est pas établi ; ce cours ne propose pas de crédit pour investir.
Huit ans font 8 × 12 = 96 mois. Les versements sont 250 × 96 = 24 000 €. Le choc fictif laisse 24 000 × 0,80 = 19 200 €, soit 4 800 € de perte. Ces opérations sont exactes dans le cadre choisi, mais le taux nul puis le choc sont des hypothèses de calcul. Ils ne renseignent pas la probabilité de ces événements.
Si vous avez obtenu 2 000 €, vous avez oublié les douze mois de chaque année. Si vous avez soustrait 20 €, vous avez traité un pourcentage comme un montant. Relisez la ligne « taux » et l’unité : une perte de 20 % sur 24 000 € représente 24 000 × 0,20. Ce contrôle d’unité vous servira pour les prochains exercices.
Retrouvez la présentation, le programme et les autres aperçus de cette formation.
| 20 000 |
| Après −30 % | 14 000 |
|---|
Comparer revenus, charges et dépenses irrégulières avant de retenir un montant mensuel de travail.
Exprimer un choc en euros et examiner à la fois ses conséquences financières et votre réaction ; aucun score ne fixe une allocation.